Nouvelle-Calédonie : les nouveaux référendums vont-ils aggraver les tensions

    Le résultat du référendum en Nouvelle-Calédonie est-il un résultat en faveur de la République française ? La Nouvelle-Calédonie a vécu une étape cruciale de son histoire lors du référendum du 4 novembre 2018. Pour rappel, le référendum a été organisé pour demander l’avis de la population sur l’indépendance du territoire. À l’issue du scrutin, le « non » remporte la majorité avec 57,6 %, un résultat déjà espéré par le gouvernement français. Pour les pros anti-indépendantistes, la victoire est insatisfaisante, ils espéraient obtenir plus de voix contre l’indépendance. Pour les partisans du « oui » ou les indépendantistes, ils sont satisfaits pour la plupart de la progression du résultat. Le fort taux de participation allant de 80 % démontre la grande volonté de la population à faire entendre sa voix. « C’est un véritable succès populaire et démocratique », affirme le Premier ministre Edouard Philippe.

    Des clivages politiques remarquables

    Le résultat de ce suffrage direct met en évidence l’important clivage sociologique et politique qui sépare la société calédonienne. Notamment dans la province sud de la Nouvelle-Calédonie, où se concentre la majorité de la population et les richesses territoriales, le « Non » a emporté le vote avec une grande marge d’inégalités en obtenant 73,7 % des voix. À Nouméa, la capitale du territoire, les anti-indépendantistes ont même atteint les 80,5 % d’électeurs.

    En revanche, le « Oui » est largement supérieur dans la province nord avec 75,8 % de voix. Plus de 80 % de la population dans les îles Loyauté ont également voté pour l’indépendance. Toutefois, dans ces îles, le taux de participation est encore assez faible avec seulement 58,9 % d’électeurs. Cela démontre qu’une partie de la population mélanésienne indépendantiste n’a pas voté pour l’indépendance du territoire.

    Les conséquences directes du référendum

    Le résultat final du référendum affirme légalement le rejet de l’indépendance par la majorité de la population, le territoire de la Nouvelle-Calédonie restera dans ce cas une collectivité française. Paris continuera à exercer ses différentes fonctions régaliennes. En parallèle à cela, la victoire du « Non » ouvrirait aussi la porte à deux nouveaux référendums. L’accord de Nouméa a déjà prévu les prochaines dates. Normalement, le premier se tiendra en 2020, en cas de rejet de cette date, il y aura un second référendum en 2022.

    Ce résultat appellera certainement à poursuivre les efforts de décolonisation enclavés depuis déjà 30 ans, en 1988, à la suite des années d’affrontements entre les Caldoches et les Kanaks, marqués par la séquestration d’otages sanglante dans la grotte d’Ouvéa. 25 nationalistes avaient perdu la vie durant cet événement tragique pour la population calédonienne. Après ce référendum, les inégalités sociales continuent de persister dans le territoire. Une partie des Kanaks vit encore dans d’extrêmes difficultés notamment par l’échec scolaire des jeunes, le taux de chômage important, la dominance des habitats précaires, l’augmentation de la délinquance juvénile, etc. Un grand partisan calédonien de l’anti-indépendance, le député Philippe Gomès estime qu’il faudra profiter de ce suffrage direct pour « mettre en place une nouvelle organisation politique afin d’exercer le droit à l’autodétermination ». Il a insisté également sur le fait de trouver un accord diplomatique pour les deux camps. Cela permettrait de partager de manière équitable les richesses du pays. La victoire du « Non » au référendum annoncera sans doute un nouveau système politique organisé par la république.

    Un maintien de confiance en la république

    Malgré la présence de mouvements d’indépendantistes dans tous les territoires de la Nouvelle-Calédonie, la majorité de la population souhaite encore rester sur les ailes de la France. D’ailleurs, les anti-indépendantistes espéraient avoir plus de voix lors de ce référendum historique. En posant des questions à leur représentant, ils affirment que le développement du pays ne sera pas possible en se séparant de l’Hexagone.

    La joie du gouvernement français concernant les résultats de ce suffrage direct en Nouvelle-Calédonie a été exprimée par le président Emmanuel Macron lors d’une intervention télévisée enregistrée. Il a salué la population calédonienne d’avoir participé en toute sécurité au suffrage. Pour le président, ce résultat est « une marque de confiance en la République ». C’est un grand honneur pour la république d’avoir la population à ses côtés. Le président E. Macron a exprimé en public sa fierté sur le fait que la majorité des Calédoniens aient choisi la France. Seul le dialogue pourra maintenir la paix en Nouvelle-Calédonie à affirmer le président de la République. Il a également invité la population à se tourner vers l’avenir. La France a toujours été présente et le sera encore pour le développement du territoire de la Nouvelle-Calédonie. Juste après le référendum, le Premier ministre, Edouard Philippe, arrivait sur le territoire afin de rencontrer les différents responsables des forces politiques. L’objectif de sa visite était d’engager un processus de discussion politique entre la Nouvelle-Calédonie et la république post référendum.

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