Histoire de la Nouvelle-Calédonie

La Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie (MLNC)La Nouvelle-Calédonie est une terre de métissages et de contrastes, résultat d’une histoire riche, parfois dramatique, mais qui lui confère ce caractère unique, voire insolite.

D’après les travaux archéologiques, les premiers peuplements remontent à quelques 3.000 ans, par des populations mélanésiennes, descendants d’Austronésiens, le premier peuple navigateur de l’histoire de l’humanité. Une deuxième vague importante de migration est intervenue il y a 900 ans, d’origine polynésienne cette fois.

La découverte de l’île

La statut de James CookL’histoire de la Nouvelle-Calédonie, c’est aussi celle des grandes expéditions du XVIIIème siècle et de la découverte du monde. Une histoire romanesque qui commence en 1774, lorsque le navigateur James Cook, en route pour la Nouvelle-Zélande à bord de son navire « La Résolution », aperçoit la Grande Terre. Il baptisera sa découverte du nom d’une région de Grande-Bretagne : Nouvelle-Calédonie (New Caledonia), Calédonia étant l’ancienne appellation de l’Ecosse.

La première rencontre entre Kanak et Européens a lieu au mois de septembre de cette même année, lorsque Cook et son équipage débarquent à Balade, sur la côte nord-est de la Grande Terre. De nombreux explorateurs, français pour la plupart, s’aventurent au large des côtes et parfois sur les plages de cet archipel mystérieux. Certains, tel La Pérouse, hantent encore aujourd’hui l’imaginaire collectif des habitants du Caillou.

La colonisation du caillou

La chapelle Saint-Thomas (Nouville) à NouméaLes premières colonisations débutent en 1841. Elles sont le fait des missionnaires, protestants anglicans d’un côté, et catholiques maristes de l’autre. Sur les ordres de Napoléon III, et l’assaut du contre-amiral Febvrier Despointes, la Nouvelle-Calédonie devient colonie française le 24 septembre 1853.

Le premier convoi pénitentiaire arrive en 1864 avec à son bord des « transportés », criminels de « droit commun » ou délinquants.

C’est à cette même époque que débute la grande saga minière. Jules Garnier n’imaginait probablement pas la portée de sa découverte lorsqu’il mit à jour la fameuse garniérite, ce minerai de nickel, qui reste aujourd’hui encore le poumon économique du pays.

En 1894, Le décret du gouverneur Feillet met fin à la colonisation pénale. S’ensuit la première vague de colonisation libre en provenance de métropole, mais aussi une vaste immigration indonésienne, main-d’œuvre préposée aux mines qui fleurissent sur le territoire. Cette période est aussi celle des premières révoltes kanak.

La Seconde guerre mondiale

les américains lors de la seconde guerre mondiale en Nouvelle-CalédonieLa Nouvelle-Calédonie participe à sa façon à la deuxième guerre mondiale, en devenant l’une des principales bases des Américains dans le Pacifique. A partir de 1943, un million de soldats américains sont postés sur l’île. Welcome chewing-gum, Coca-Cola et autres extravagantes consommations de l’Oncle Sam… Ce bond dans la modernité laissera une empreinte profonde dans la culture et l’identité calédonienne.

La seconde guerre mondiale marque aussi le début du processus de décolonisation. Le code de l’indigénat est aboli en avril 1946, et le droit de vote universel devient réalité en 1957.

Décolonisation et volonté indépendantiste

Une poignée de main lors de la décolonisationLa contestation indépendantiste se formalise et s’organise politiquement, motivée par la question foncière, mais aussi par le vent de décolonisation qui souffle sur la région. La tension s’exacerbe entre forces indépendantistes et mouvements souverainistes, jusqu’à la crise de 1984-1988, appelés les « Evènements ». La violence culmine en 1988 avec le drame de la grotte d’Ouvéa.

Le dialogue a été renoué, grâce à la signature des Accords de Matignon en 1988 entre Jacques Lafleur, le leader loyaliste, Jean-Marie Tjibaou, le chef de file indépendantiste et Michel Rocard, Premier ministre français de l’époque. Depuis, la Nouvelle-Calédonie connaît un essor économique exceptionnel.

1998 et la signature de l’Accord de Nouméa, confirme ce désir de vivre ensemble des différentes communautés, et offre à la Nouvelle-Calédonie une plus grande autonomie.

La Nouvelle-Calédonie défriche une voie institutionnelle totalement inédite, faite de grandes avancées et de questions. Un référendum d’autodétermination doit être organisé entre 2014 et 2018.